« Le Nutriscope permet un pas en avant pour l’agronomie » Valentin Suss, agriculteur en polyculture-élevage

Je suis Valentin Suss, agriculteur au sein du GAEC du Faubourg à Minversheim, dans le Bas-Rhin (67). Mon exploitation est organisée autour d’un élevage laitier et d’une unité de méthanisation. Nous produisons principalement des fourrages : herbe, luzerne, maïs, ainsi que des céréales immatures comme le seigle et le triticale.
J’utilise le Nutriscope depuis mai 2025. Un an après son acquisition, je peux dire qu’il a profondément modifié ma façon d’observer mes cultures et de prendre certaines décisions agronomiques.
À la recherche d’un outil réactif
J’ai découvert le Nutriscope grâce à un collègue qui en possédait déjà un. J’avais également trouvé des informations sur internet et le concept m’avait tout de suite intéressé.
Depuis longtemps, je me disais que le jour où il existerait un outil capable de mesurer la nutrition réelle des plantes en temps réel, j’investirais dedans. Je faisais déjà quelques analyses de sève, mais c’était assez contraignant : il fallait prélever, envoyer les échantillons et attendre plusieurs jours avant d’obtenir les résultats.
Avec le Nutriscope, c’est complètement différent. Je peux passer devant une parcelle, faire une mesure et avoir une réponse quasiment immédiatement. Cette simplicité et cette rapidité me permettent de réaliser beaucoup plus de contrôles qu’auparavant.
Un suivi régulier de toutes mes cultures
Aujourd’hui, j’utilise le Nutriscope le maïs et les céréales immatures. Pour le suivi du seigle et du triticale, j’utilise le modèle blé.
J’ai également investi dans la pince à feuille ainsi que dans les abonnements Minéraux et Portail. Le portail me permet de conserver un historique et de comparer les résultats dans le temps. C’est particulièrement utile pour suivre l’évolution d’une parcelle ou comparer différentes situations.
Je m’intéresse aussi à la partie Redox. Avant le Nutriscope, je ne connaissais pas du tout cette notion. J’ai commencé à m’y intéresser par curiosité et aujourd’hui c’est devenu un sujet passe-temps. J’ai notamment compris que lorsqu’une plante présente des déséquilibres nutritionnels, cela se reflète souvent dans ses indicateurs électrochimiques.
Même si je regarde désormais les deux aspects, nutrition minérale et électrochimie, les minéraux restent ma priorité. C’est déjà un domaine complexe avec énormément d’interactions à comprendre.
Comprendre ce qui se passe réellement dans la plante
Je réalise généralement des mesures toutes les deux à trois semaines afin de suivre l’évolution de mes cultures à chaque stade.
Le Nutriscope me permet d’identifier les éléments limitants et de mieux comprendre les interactions entre les différents minéraux. Sur mon exploitation, le potassium est souvent un facteur limitant. Grâce aux mesures, je peux repérer les blocages et réfléchir plus précisément aux corrections à apporter.
Avec le coût actuel des engrais, chaque intervention doit être réfléchie. Si une application coûte plus cher que ce qu’elle rapporte, elle n’a pas de sens. Le Nutriscope m’aide à savoir précisément où je suis bien positionné et où des ajustements sont nécessaires.
Il m’a également amené à m’interroger sur certaines pratiques. Par exemple, sur le potassium, il n’est pas toujours simple de faire remonter les niveaux dans la plante. Parfois, malgré des apports importants, je ne constate pas forcément d’amélioration visible sur la santé ou le rendement. Cela pousse à se poser les bonnes questions : faut-il absolument chercher à atteindre les seuils théoriques ou est-il parfois plus pertinent de rester légèrement en dessous et réaliser des économies ?
Une évolution de mes pratiques agronomiques
Le Nutriscope a clairement modifié certaines de mes pratiques.
L’un des changements les plus importants concerne la nutrition foliaire. Avant, je n’aurais probablement pas réalisé autant d’essais dans ce domaine. Aujourd’hui, je peux observer rapidement l’impact des applications sur la plante. Les corrections foliaires sont souvent beaucoup plus rapides que les corrections réalisées uniquement via le sol.
J’ai également revu certaines stratégies concernant l’azote et la potasse. Les mesures m’ont parfois montré que mes cultures disposaient déjà de suffisamment d’azote. J’ai donc pu réduire certains apports et éviter des dépenses inutiles.
La meilleure compréhension des équilibres nutritionnels m’a aussi permis de limiter certains traitements. Je constate notamment de bons résultats sur la réduction des interventions insecticides. En grandes cultures, c’est plus compliqué pour les maladies fongiques, mais cette approche apporte malgré tout des pistes de réflexion intéressantes.
Aujourd’hui, lorsqu’une parcelle est particulièrement saine, je cherche à comprendre pourquoi elle l’est. Le Nutriscope me permet souvent d’apporter des éléments de réponse.
Des problèmes invisibles révélés par les mesures
L’un des cas les plus marquants concerne mes parcelles de triticale destinées à la méthanisation.
Dans notre système de cultures sous couvert permanent, nous semons les céréales immatures dans des couverts de luzerne et de trèfle. Malgré nos apports de digestat, nous rencontrions d’importants problèmes de rouille jaune sur triticale.
Les mesures réalisées avec le Nutriscope ont révélé une forte carence en potassium. Nous nous sommes rendu compte que les exportations de notre système étaient tellement importantes que les apports ne suffisaient plus à compenser. Après avoir réalisé un apport foliaire de potassium, la pression de la rouille jaune a nettement diminué.
Un autre cas intéressant concernait certaines parcelles présentant des teneurs élevées en phosphore dans le sol. Pourtant, le Nutriscope indiquait une carence au niveau de la plante. Cela nous a permis de mettre en évidence un phénomène de blocage et de travailler sur sa correction.
Sur maïs grain, j’ai également identifié une carence en manganèse liée à un désherbage trop agressif en début de cycle. Sans le Nutriscope, il aurait été beaucoup plus difficile d’établir ce lien.
Un outil d’aide à la décision
Le Nutriscope ne me fait pas forcément gagner du temps, mais il ne m’en fait pas perdre non plus. Certes, il faut prendre le temps de réaliser les mesures, mais en contrepartie la prise de décision est beaucoup plus rapide.
J’apprécie particulièrement sa réactivité. Si quelque chose m’interpelle dans une parcelle, je peux obtenir une réponse en quelques minutes. Je peux évaluer l’état nutritionnel, observer certains déséquilibres, suivre le Redox, la conductivité ou encore détecter des situations de stress hydrique.
J’apprécie également le fait que l’outil me permette d’observer des différences au sein même d’une parcelle. Sur certains terrains en pente, on distingue clairement des écarts entre le haut et le bas de la parcelle.
Bien sûr, il faut être rigoureux dans les mesures : intervenir de préférence tôt le matin, bien utiliser la pince pour éviter la lumière parasite, choisir les bonnes feuilles et travailler dans des zones homogènes. Mais lorsque le protocole est respecté, les informations obtenues sont très intéressantes.
Un outil qui fait avancer en agronomie
Si l’on me demande aujourd’hui si je recommande le Nutriscope, ma réponse est oui.
À mes yeux, c’est un outil qui fait progresser en agronomie. Il permet de mettre en évidence des phénomènes que l’on ne soupçonnerait pas simplement en observant les cultures. Il aide à mieux comprendre le fonctionnement de la plante et à raisonner davantage ses interventions.
En une phrase, je résumerais mon expérience ainsi :
« Le Nutriscope permet un pas en avant pour l’agronomie. En plus, j’apprécie que ce soit un produit commercialement neutre. »
